Le sommet de Rambouillet (15-17 novembre 1975), ou la naissance du G7
Le sommet de Rambouillet se déroule du 15 au 17 novembre 1975 à l’initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing qui l'avait proposé au président américain Gerald Ford en marge de la conférence internationale d'Helsinki sur la sécurité et la paix en Europe au mois de juillet précédent. Les participants au sommet sont le président américain Gerald Ford, le premier ministre japonais Takeo Mikki, le Chancelier allemand Helmut Schmidt, le premier ministre anglais Harold Wilson, le président du Conseil italien Aldo Moro et le président français. De nombreux sujets sont abordés et font l’objet d’une déclaration officielle le 17 novembre.
Entre autres sujets, le sommet vise, notamment, à apporter une réponse coordonnée aux désordres monétaires et économiques du début de la décennie faisant suite à la décision américaine de suspendre la convertibilité du dollar en or (aout 1971), la dévaluation de celui-ci (en décembre 1971 puis février 1973) et enfin au premier choc pétrolier (1973). En effet, en dépit de rencontres informelles se déroulant lors des réunions annuelles du FMI, des créations du Serpent monétaire européen (Accord de Bâle du 24 avril 1972) et du Fonds européen de coopération monétaire (1973) visant à rétrécir les marges de fluctuations entre monnaies européennes, le cours des devises continue de connaître d'importantes variations.
Le principal différend sur ces questions oppose les tenants d’un change flottant, à savoir les États-Unis, à ceux d’un change stable sinon fixe, la France. Les Américains bénéficient alors d’un dollar faible entrainant une forte hausse du mark allemand, devenu valeur refuge, nuisant en retour à l’exportation moteur de la croissance outre-rhin. Cette hausse du mark affaiblit de fait les autres devises européennes. Sur le plan monétaire, les échanges de vues visent dès lors à trouver un compromis pour agir sur le marché des changes « en vue de réduire les fluctuations erratiques des cours de change ». Les Américains acceptent, sur le papier, d'en limiter l'ampleur par une action coordonnée des banques centrales, encore appelée « la concertation », mais refusent le retour à une parité fixe. Au demeurant, entre les mouvements « erratiques ou désordonnés » et ceux traduisant de réels « facteurs économiques ou financiers sous-jacents » l’interprétation des causes et la nécessité, ou non, d’intervenir sur le marché de change font débat entre parties prenantes.
Le document témoignant de ces échanges est un bilan, un an plus tard, des décisions relatives au cours des changes actées à Rambouillet. Fin 1976, la crise des changes s’est en effet aggravée, et les Français, en particulier, doivent accepter la généralisation du flottement des monnaies dès janvier 1976 actée à l’occasion des accords de la Jamaïque. Bien qu’inscrit dans les statuts révisés du FMI, le retour à terme à un système généralisé de parités fixes mais ajustables est plus que théorique. Il suppose en particulier un vote réunissant 85 % des voix des administrateurs du FMI ; or avec 17 % des voix, les États-Unis, qui y sont opposés, disposent de fait d'un droit de veto.
Au regard des problèmes posés, les résultats du Sommet apparaissent donc pour le moins décevants. Pour autant, Rambouillet peut être vu comme la première manifestation d'une forme de gouvernance mondiale qui oblige les grandes puissances à des négociations multilatérales pour trouver des solutions aux problèmes économiques. Participants et journalistes couvrant l’événement parleront ainsi d’un « Esprit de Rambouillet ». Ce Groupe des 6, qui deviendra G7 avec l’intégration du Canada dès l’année suivante, se réunira désormais annuellement sans discontinuer.
La France présidera le prochain sommet du G7 qui se tiendra du 14 au 16 juin 2026 à Évian.